Les valeurs et les mentalités en Mauritanie
Famille élargie et respect des aînés
La société mauritanienne accorde une place déterminante à la famille étendue et aux liens de parenté. Les décisions importantes se prennent souvent en concertation avec les proches, et la solidarité matérielle circule entre les générations comme entre les branches d'une même lignée. L'âge confère une autorité reconnue, et l'avis des anciens pèse dans les affaires familiales comme dans les arbitrages locaux.
Hospitalité et rituel du thé
L'accueil de l'hôte relève d'un devoir social hérité des sociétés nomades, où l'assistance au voyageur conditionnait la survie. Le thé vert, préparé et servi en trois tournées successives, matérialise cette hospitalité et rythme les visites. Le partage du repas dans un plat commun prolonge la même logique de générosité.
Religion et vie quotidienne
L'islam rassemble l'immense majorité de la population et structure le calendrier, les rites de passage et les repères moraux. Le mois de ramadan modifie les horaires de travail et la vie nocturne des villes. Les écoles religieuses conservent un rôle dans la formation et dans le prestige social attaché au savoir, hérité des cités caravanières.
Pluralité des communautés
Le pays réunit des Maures arabo-berbères et des haratines, ainsi que des Peuls, des Soninkés et des Wolofs installés principalement le long du fleuve Sénégal. Cette diversité se traduit par des langues, des musiques et des cuisines distinctes, dans un cadre national commun. Les relations entre ces groupes et la question des héritages statutaires font l'objet de débats publics et de politiques spécifiques.
Évolutions sociales
L'urbanisation rapide de Nouakchott et des villes secondaires a transformé les modes de vie, réduit la part du nomadisme et modifié l'organisation des ménages. La scolarisation des filles progresse, et des femmes occupent des fonctions publiques, économiques et artistiques visibles, à l'image de la chanteuse Malouma élue sénatrice en 2007. L'esclavage est aboli et pénalisé par la loi, tandis que des organisations de la société civile suivent la persistance de pratiques héritées.